La rentrée lyonnaise s’ouvre sur deux mauvaises nouvelles pour les noctambules. Le Groom, dans le 1er, fermera définitivement ses portes le 8 novembre. La Marquise, la péniche des berges du Rhône, fait l’objet d’une liquidation judiciaire depuis la mi-août. Deux adresses installées, deux publics orphelins.

Ce n’est pas une raison pour rester chez soi. La carte des sorties lyonnaises se redessine, elle ne disparaît pas. Voici ce qui ferme, ce que ça change concrètement, et surtout où danser à Lyon à partir de septembre — quartier par quartier.

Deux fermetures qui marquent l’été 2026

Le Groom ferme le 8 novembre

L’information a été révélée par Rue89 Lyon le 6 août, puis confirmée le lendemain par l’équipe du bar sur Instagram. Le Groom, au 6 rue Roger Violi, à la lisière des Terreaux et des Pentes de la Croix-Rousse, fermera définitivement le 8 novembre 2026. Sur Instagram, l’équipe annonce une dernière soirée le 7 novembre, « pour finir en beauté ces 10 ans de nuit » (propos rapportés par Tribune de Lyon).

Derrière la fermeture, un enchaînement classique. Le Groom et les Slo Hostels voisins avaient été placés en redressement judiciaire en septembre 2024, avant que l’ensemble ne soit racheté fin 2025 par le groupe immobilier rennais Nexhos. Le nouveau propriétaire prévoit une transformation complète des locaux, avec une réouverture envisagée fin 2027.

Un point mérite d’être connu avant de s’y précipiter : depuis le 1er avril, le lieu fonctionnait déjà dans une version allégée, tournée vers le bar de quartier et la location de salle, sans programmation régulière et sans carte de cocktails. Ceux qui espèrent retrouver le Groom de ses grandes heures d’ici novembre risquent d’être déçus. La fiche du Groom reste consultable, mais vérifiez la programmation avant de vous déplacer.

C’est surtout une histoire longue qui s’achève. Les mêmes caves voûtées ont abrité un club gay dès 1996, puis le mythique DV1, haut lieu de la scène électronique lyonnaise entre 2001 et 2016, avant le Groom en 2017. Près de trente ans de nuit underground au même endroit.

La Marquise en liquidation judiciaire

Sur les berges du Rhône, la société exploitant la péniche La Marquise a fait l’objet d’un jugement d’ouverture de liquidation judiciaire le vendredi 14 août 2026, selon Lyon Mag. La date de cessation des paiements a été fixée au 30 juin. Le média décrit quatre années de déclin : exercices déficitaires consécutifs, trésorerie en souffrance, dettes en hausse — et un changement de gérance au mois de mars qui n’aura pas suffi.

Les signaux étaient visibles de l’extérieur depuis quelques semaines : numéro de téléphone « plus attribué », site internet désactivé, réseaux sociaux à l’abandon.

Attention toutefois à ne pas enterrer le bateau trop vite. Une liquidation judiciaire entraîne logiquement une vente du fonds de commerce, destinée à rembourser les créanciers. L’emplacement, quai Augagneur, reste l’un des plus recherchés de la ville. La péniche peut donc changer de mains et de nom. En attendant, il n’y a plus de programmation à La Marquise.

Ce que ça dit de la nuit lyonnaise — et ce que ça ne dit pas

Deux fermetures coup sur coup, cela ressemble à une hémorragie. Le raccourci est tentant, il est faux. Ces deux dossiers ont une histoire propre : des procédures collectives entamées en 2024 pour l’un, quatre ans de comptes dégradés pour l’autre. Ce sont des trajectoires d’entreprise, pas le symptôme d’une ville qui aurait cessé de sortir.

Ce qui change vraiment, c’est la géographie. Le Groom était l’un des rares points d’ancrage festifs du bas des Pentes ; La Marquise, un repère des berges du Rhône. Leur disparition déplace le public vers d’autres quartiers plutôt qu’elle ne le fait disparaître. Autant savoir où.

Où danser à Lyon à la rentrée, quartier par quartier

Les horaires et tarifs ci-dessous sont ceux indiqués sur nos fiches au moment de la publication. La nuit lyonnaise bouge vite : vérifiez toujours la programmation du soir auprès de l’établissement avant de vous déplacer.

Terreaux et Pentes : le quartier perd son point d’ancrage

C’est le secteur le plus touché. Avec le départ du Groom, le bas des Pentes perd sa salle hybride — celle où l’on pouvait enchaîner un concert, un DJ set et une soirée cabaret dans la même cave. Les Pentes gardent leurs bars, mais plus de club de cette taille.

En pratique, le report se fait à pied ou en deux stations de métro : la Presqu’île pour un début de soirée, puis la rive gauche ou la Confluence pour danser. Notre annuaire des clubs lyonnais recense les adresses actives par quartier.

Berges du Rhône : Plouf reprend le flambeau sur le même quai

C’est le report le plus évident, et le plus court : quelques centaines de mètres. Plouf bateau mousse est amarré au 21 quai Victor Augagneur, dans le 3e — le même quai que La Marquise, avec vue sur le Grand Hôtel-Dieu.

Même principe : une péniche sur deux niveaux, jusqu’à 650 personnes, des DJ sets quotidiens et des soirées à thème. Différence utile, c’est aussi une adresse d’avant-soirée, avec une carte street food à partir de 16 h. Ouvert tous les jours, jusqu’à 5 h du mercredi au vendredi, dès 15 h le samedi. Pour qui a passé ses vendredis soirs sur les berges, c’est le remplacement le plus direct.

Confluence : Le Sucre, la valeur sûre électro

Sur le toit de La Sucrière, au 50 quai Rambaud dans le 2e, Le Sucre reste la référence pour l’électro exigeante. Techno-house, hip-hop, jazz, concerts live et programmation culturelle : c’est le lieu qui se rapproche le plus de ce que le DV1 puis le Groom représentaient pour les amateurs de pointu.

Ouvert le vendredi et le samedi de 23 h à 5 h. Entrée de 10 à 20 € selon l’événement, cocktails de 8 à 12 €. Dress code casual chic. Accès métro A à Perrache, tram T1 arrêt Hôtel de Région – Montrochet.

Rive gauche, 7e : Le Petit Salon pour les grosses nuits

À deux pas de la Guillotière, Le Petit Salon occupe un ancien hangar réhabilité au 3 rue de Cronstadt, dans le 7e. Deux salles, une capacité proche de 1 000 personnes, une programmation techno, house, trance et disco avec des artistes nationaux et internationaux.

Vendredi et samedi de 23 h à 6 h 30 : c’est l’adresse des fins de nuit, celle où l’on va quand on ne compte pas rentrer tôt. Accès métro Jean-Macé et tram T2, ce qui en fait un point de chute commode depuis la rive gauche comme depuis la Presqu’île.

Lyon 8e : le NH Club pour le hip-hop et l’afro

Au 6 rue Henri Barbusse, le NH Club couvre un tout autre registre : hip-hop US, caribbean, afrobeat, zouk. Sur 700 m², il revendique la plus grande piste de danse de Lyon, avec des soirées à thème régulières.

Ouvert vendredi, samedi et dimanche de 23 h à 5 h. Pièce d’identité obligatoire, la direction se réserve le droit d’entrée. Accès par le T6 et le C12, arrêt Petite Guille, à cinq minutes à pied. Réservation possible par téléphone.

En couronne : Le Drungly et le TILT

Deux adresses souvent citées comme lyonnaises alors qu’elles ne le sont pas — autant le préciser, ça évite les mauvaises surprises au moment de commander le retour.

Le Drungly se trouve à Pusignan, au 1000 route nationale, à l’est de l’agglomération. House, techno, électro et hits dancefloor, décor industriel, soirées à thème et showcases. Vendredi et samedi de 22 h 30 à 5 h, avec un grand parking sur place.

Le TILT – Pub Club est encore plus loin, à Massieux dans l’Ain, à une trentaine de minutes de Lyon. Format hybride pub, restaurant lounge et club, trois salles et une grande terrasse pour plus de 1 000 personnes. Vendredi de 22 h 30 à 5 h, samedi jusqu’à 5 h 30. Parkings privés, accès par l’A46.

Dans les deux cas, prévoyez la voiture ou un conducteur désigné : ni l’un ni l’autre n’est desservi par les TCL en fin de nuit.

Bon à savoir pour vos soirées de rentrée

Quelques réflexes pour une rentrée sans fausse note :

  • Vérifiez avant de partir. Les fermetures de l’été le rappellent : une adresse peut cesser son activité entre deux sorties. Un coup d’œil aux réseaux sociaux du lieu le jour même évite le déplacement pour rien.
  • Anticipez le retour. Les clubs ferment entre 5 h et 6 h 30, bien après le dernier métro. Pensez au trajet avant la première consommation, surtout pour les adresses en couronne. Nouveauté de la saison : la ligne D du métro est interrompue les lundis et mardis soirs à partir du 14 septembre.
  • Gardez une adresse pour la faim de fin de soirée. Notre guide des restaurants tardifs à Lyon recense les cuisines encore ouvertes quand les clubs ferment.
  • Les tarifs varient selon la soirée. Une entrée peut être gratuite en début de nuit ou avec inscription en liste, et payante ensuite. Les préventes en ligne restent le moyen le plus fiable de connaître le prix réel.

La carte se redessine, elle ne se vide pas

Le Groom et La Marquise laisseront un vide réel : deux lieux de caractère, deux publics fidèles, beaucoup de souvenirs. Mais la nuit lyonnaise ne se résume pas à deux adresses. Entre les péniches des berges, les rooftops de la Confluence, les hangars de la rive gauche et les clubs de la couronne, il reste largement de quoi remplir une saison.

Pour suivre les ouvertures, les fermetures et la programmation du week-end, gardez un œil sur notre sélection de clubs à Lyon, mise à jour au fil des changements.

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